Hell - Lolita Pille


HELL - LOLITA PILLE 



RESUME


Elle s'appelle Ella mais Hell lui convient mieux : elle a dix-huit ans, prend de la coke comme vous fumez des clopes, passe ses nuits dans les boîtes les plus chères de Paris, est griffée de la tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de, dépense chaque semaine l'équivalent de votre revenu mensuel, fait l'amour comme vous faites vos courses. Sans oublier l'essentiel : elle vous méprise profondément - étant revenue de tout sans avoir été nulle part. Avec tout ça, Hell s'ennuie : au fond, c'est à elle-même et ses semblables qu'elle en veut, sans parvenir à échapper à sa condition de mutante matérialiste : une vie sans désir, monotone, où chaque jour est pareil au précédent. Jusqu'au soir où elle tombe folle amoureuse d'Andréa, son double masculin, diabolique comme elle, et comme elle désabusé. Ils ne veulent pas être dupes de sentiments qu'ils ressentent et qu'ils méprisent à la fois. Leur couple est un corps à corps. Ensemble, six mois durant, coupés du monde, ils s'affranchissent du malaise qu'ils partagent. Mais bientôt, Hell est rattrapée par son démon : la poudre, les nuits blanches, le sexe... Déchirée par ses contradictions, incapable d'échapper à la spirale suicidaire qui l'emporte, elle quitte celui qu'elle aime passionnément, sans avoir jamais trouvé les mots pour le lui dire. Lorsque le dégoût reprend le dessus, lorsque, impuissante à vivre sans Andrea, elle s'apprête à revenir vers lui, il est trop tard.


EXTRAIT


"Le hall, la réception, la porte, je suis dehors. Personne. Je cherche un taxi. Pas de taxi. L'aube est glacée. Mon portable sonne. J'ai un message. Que peut bien me vouloir Gabrielle à cette heure-ci ? Une angoisse sourde m'étreint la gorge. Mes doigts engourdis par le froid ne parviennent pas à appuyer sur cette putain de touche. Le message défile enfin. Une phrase. Une seule. Je la lis. Je la relis. J'ai trop pleuré, je ne peux plus.

Je m'effondre. 

Place Vendôme à sept heures du matin. Une fille à genoux qui mord sa main ensanglantée. Et qui hurle. Qui hurle une plainte incohérente. Comme si le désespoir avait pris forme. La forme d'un cri. Je crie la fin d'un rêve, je cris la fin du monde. Je crie la fin de l'homme que j'aime et qui s'est planté comme un con, en sortant de boîte, dans sa caisse à cinq mille balles qui n'a même pas été foutue de le préserver. Mort sur le coup. Mort. Je crie l'atroce réalité de cette vie de merde qui donne, et qui reprend. Je crie ce qu'on a vécu, ce qu'on aurait pu vivre encore. Je crie ce qu'il est. Etait. Ce qu'il aurait pu devenir. Je crie ma détresse, ma douleur, mon amour, mon amour, mon amour..."

"N'attendez pas de chute a cette histoire, il n'y en a pas. Il est mort et plus rien n'a de sens pour moi. J'envisage l'avenir comme une éternité de souffrance et d'ennui. Ma lacheté m'empeche de mettre fin a mes jours. Je continuerai à sortir, à boire et à persecuter des cons.
Jusqu'à ce que j'en creve.
L'humanité souffre. Et je souffre avec elle."

"Pendant six mois, ça a été parfait, j'étais heureux, je n'ai rien à dire de cette période, des souvenirs dont la simplicité me fait mal à présent. Juste elle et moi. C'est tout. Et puis un soir on est sortis, son démon l'a reprise et, à partir de là, tout a basculé, on s'est mis à traîner dans des endroits glauques qui l'attiraient et la consternaient à la fois, elle en ressortait satisfaite mais blessée à mort. Elle voulait se salir, elle en avait besoin, mais ça la tuait. Elle prenait de plus en plus de saloperies, et je m'y suis mis aussi, pour que ça ne l'éloigne pas de moi et aussi parce que j'en avais besoin pour tenir avec tout ce qu'on buvait et les endroits où on allait. Je craquais doucement, mais je ne l'aurais jamais laissée. Je l'aimais.
Et puis elle est partie."

"Désillusionnée avant l'âge, je dégueule sur la facticité des sentiments."


MON AVIS


Ce livre est le premier que j'ai dans la catégorie drame avec drogue, il m'a touché d'une façon incroyable. Cela ma lancé dans des lectures tel que "l'herbe bleu" ou encore "Moi, Christiane F., 13 ans , droguée, prostituée", et d'approfondir le style dramatique autre que dans des films.

Le style d'écriture est magnifique et très crue ce que j'aime, il n'y a pas de faux semblant pas d'hypocrisie de la part des personnages principal comme dirait l'auteru "Désillusionnée avant l'âge, je dégueule sur la facticité des sentiments" la phrase qui ma le plus marqué.

L'histoire d'amour au centre du livre est hard, j'entend par là qu'elle est cruelle, honnête, pleine de drogue et d'argent. Mais surtout ce livre parle de la fin d'une histoire, d'une histoire d'amour, d'une vie, d'un amour, d'un couple, d'une volonté de vivre. 

C'est un livre à lire et relire, des phrases à garder à pousser à la reflexion, une beauté caché sous un tas de parole crue, de drogue, d'alcool et de fête.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous le conseille grandement.


 

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